Les habitants autour de la rue Pierre-Semard excédés par les inondations

Dans la nuit du 3 au 4 août dernier, le quartier autour de la rue Pierre-Semard a été touché par d’importantes inondations après un violent orage. Ce n’est pas la première fois que le quartier est touché et les riverains sont excédés.

OLIVIER ANTOINE
o.antoine@dordognelibre.fr

Depuis plusieurs années, lors d’un violent épisode de pluie ou d’orage, la rue Pierre-Semard à Périgueux, ainsi que les rues de l’Abîme, Lagrange-Chancel ou encore du Dépôt, sont touchées par une montée brutale des eaux. Cela a été le cas, par exemple, dans la nuit du 3 au 4 août. L’eau est brutalement montée par les canalisations et les égouts, provoquant une montée allant jusqu’à 80 centimètres à certains endroits, et 40 centimètres chez certains habitants.

Les différents voisins se sont réunis et ont convié le Grand Périgueux, qui est en charge du réseau, au matin du mardi 11 août. « Même si cela n’arrive que tous les deux ans, ce n’est pas possible pour nous de changer de meubles tous les deux ans car ils ont été touchés par les inondations, ce n’est pas entendable », souffle Paul Gareau, fils d’une des résidentes de la rue Lagrange-Chancel. Ce dernier a préparé de nombreuses questions avant l’arrivée des agents du Grand Périgueux, notamment sur les mesures d’aides humaines et matérielles, sur les mesures préventives ou encore des demandes de diagnostic et de travaux dans le secteur, mais aussi une demande d’indemnisation. « L’assurance m’a indiqué nous indemniser de 250 euros pour le nettoyage, mais ce n’est juste pas possible. »

« Le caractère exceptionnel, je ne peux pas l’entendre »

Des questions qui ont été entendues par le Grand Périgueux, notamment Jean-Philippe Sistach, directeur général adjoint aménagement et mobilité, en charge de l’eau et de l’assainissement, mais aussi Nicolas Rabier du service eau et assainissement. « L’événement du 3 août a été exceptionnel, d’avoir une telle quantité d’eau en si peu de temps, avec 60 millimètres d’eau en quatre heures », indique ce dernier. « Le caractère exceptionnel, je ne peux pas l’entendre alors que c’est la deuxième fois en un an qu’on est touché », s’exclame Paul Gareau.

« Il faut qu’on amène une réponse qu’on ne peut pas encore avancer aujourd’hui. »

Au niveau de la rue Lagrange-Chancel, c’est un tuyau de 1,20 mètre qui est présent sous la route, tandis qu’il fait deux mètres sous la rue Pierre-Semard. « Ici, nous sommes au point bas du secteur, avec toute l’eau qui ruisselle depuis Champcevinel et même si les tuyaux sont gros, cela n’a pas pu absorber toute cette eau », explique Jean-Philippe Sistach. Une eau qui va sous les voies SNCF en direction de la rivière avec un réseau unitaire pour acheminer les eaux usées et les eaux pluviales mélangées. « Les deux ensembles ont fait que ça a débordé. »

Des études menées

Un secteur inondé régulièrement. « Nous n’avons pas encore pu vérifier toutes les raisons, cela peut être dû à un étranglement, ou alors des déchets, des cailloux, du sable, qui bloquent le tuyau », explique Agur, en charge de la distribution d’eau, qui va se rendre dans la canalisation en cette fin de semaine pour vérifier ce qu’il y a à l’intérieur. Des études sont menées par Agur pour comprendre ce qui se passe dans le réseau, sous terre, et comprendre ce qui a provoqué ces inondations. « Des études avaient déjà été entamées et nous allons rajouter ces dernières données pour avoir de nouvelles préconisations pour la fin de l’étude », confirme Jean-Philippe Sistach. Un bureau d’études qui va donner une réponse pour savoir s’il est préférable de faire deux tuyaux séparés entre les eaux usées et les eaux pluviales, ou alors un bassin de récupération d’eau. Des résultats qui seront connus d’ici un an et demi ou deux ans.

Un délai qui ne satisfait pas les habitants, qui veulent une réponse tout de suite. « Il faut qu’on amène une réponse qu’on ne peut pas encore avancer aujourd’hui malheureusement », ajoute Jean-Philippe Sistach.

Crainte des habitants

Une réponse insuffisante pour les habitants, qui ont peur à chaque nouvel orage que cela déborde de nouveau. « Avec la météo de nos jours, on peut prédire si un orage arrive, pourquoi il n’y a pas des agents ou des camions qui viennent en prévention pour éviter un nouveau débordement ? », demandent-ils.

« Les personnes d’astreinte peuvent venir mais ne peuvent pas faire grand-chose, répond le directeur général adjoint. Puis les camions n’ont pas assez de capacité pour empêcher les inondations. La détresse, on la comprend et on met tout en œuvre pour que ça n’arrive plus. »

Paul Gareau a invité les agents à venir chez sa mère pour montrer les dégâts de la montée des eaux, sur les meubles ou le parquet qui ont gonflé. « Nous allons faire le maximum pour apporter des réponses au plus vite, même avant le résultat des études », a confirmé Nicolas Rabier. « Malheureusement, nous avons aussi des contraintes avec la Drac qui demande des fouilles archéologiques pour chacun de nos travaux, ce qui peut rallonger le temps et augmenter le coût », conclut Jean-Philippe Sistach.

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